L'AVENIR D'ALSTOM LEROUX NAVAL EN QUESTION

Publié le par Gérard Perron

COMMUNIQUE DE M. GERARD PERRON

Une opération financière inacceptable !

Il y a quelques mois lors de la mise à l’eau du « Bangor », navire roulier de la liaison Quiberon-Belle-Ile commandé par le Conseil Général du Morbihan, le PDG de l’ex chantier Alstom-Leroux Naval (ALN) se félicitait de la reprise par le groupe norvégien Aker de ce chantier naval installé depuis de nombreuses années au Rohu-Lanester.

« Marine Hebdo » d’Aker Yards France, journal d’entreprise daté du 14 mars 2007, évoque une situation très florissante de la construction navale mondiale et une montée en charge dans les entreprises du groupe.

Le lendemain, les salariés apprennent avec stupeur par la presse que le groupe norvégien Aker se sépare de 40 % des parts du capital qu’il détient dans Aker Yards le numéro 1 européen des chantiers navals avec 17 sociétés de construction et 20 000 salariés à travers le monde. Raison invoquée de cette vente : dégager des capitaux pour d’autres activités tournées vers les mondes de la mer et de l’or noir.

 En réalité il s’agit pour la holding norvégienne de réaliser un nouveau coup financier en vendant cher aujourd’hui -on parle de 600 millions d’euros- ce qu’elle a acheté à petit prix il y a un an -50 millions d’euros pour les deux chantiers bretons (les ex chantiers de l’Atlantique de St-Nazaire et l’ex chantier Alstom Leroux Naval au Rohu à Lanester).

Au moment où le carnet de commandes mondial explose ainsi que les bénéfices du groupe, les actionnaires choisissent le profit à très court terme quels qu’en soient les coûts économiques, sociaux et humains à payer par les salariés (116 au Rohu-Lanester) et les populations.

Comme pour les sociétés du CAC 40 qui viennent de déclarer près de 100 milliards d’euros de bénéfices pour l’année 2006 et après Airbus, la finance et la spéculation entrent une nouvelle fois en contradiction frontale avec le développement industriel. C’est insupportable. Ce qui se passe aujourd’hui chez AKER prouve une nouvelle fois que face à des actionnaires sans foi ni loi, les bourses et les banques qui détiennent 60 % du capital, il ne peut y avoir de politique de moindre mal ou la recherche du compromis politiquement correct.

Il est temps que les politiques s’en mêlent et disent leur mot. Il est urgent de gagner des droits nouveaux pour les comités d’entreprises, pour les populations, pour les élus, des droits qui nous permettent tous ensemble de contester le pouvoir absolu des actionnaires et d’intervenir efficacement dans la gestion de ces entreprises qui sont, de par le travail quotidien de leurs salariés, en quelque sorte le bien commun de la société. C’est là l’un des enjeux des prochaines élections.

Publié dans CAP L'ORIENT

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article