Sur la politique de santé

Publié le par Gérard Perron

Le groupement régional de santé publique

Intervention de Gérard PERRON 

 

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

Vous connaissez tous mon attachement à la défense de la santé publique depuis des années. Vous ne serez donc pas étonnés chers Collègues si je souhaite donner mon point de vue.

 

Si bien entendu, je ne suis pas opposé à ce que notre assemblée désigne un Membre titulaire et un Suppléant pour représenter le Département du Morbihan à ce groupement régional de santé publique, dans la mesure où je pense depuis longtemps que la Région est le niveau pertinent de l’évaluation des besoins sanitaires et sociaux des populations, je ne suis pas sûr que le plan régional de santé publique de la Bretagne ou celui des 21 autres régions sera à la hauteur des besoins.

 

Sans vouloir m’étendre car j’ai déjà eu l’occasion de le dire ici, je citerai 4 domaines où il sera difficile à moins de changer de politique de santé et de mettre des moyens financiers et humains importants, de revenir à une situation normale : la désertification médicale des campagnes, le maintien des hôpitaux de proximité, les budgets attribués aux hôpitaux qui les entraînent pour beaucoup vers l’asphyxie, la permanence des soins.

 

A la date d’aujourd’hui deux chiffres doivent nous interpeller : 90 000 lits d’hospitalisation ont été supprimés ces douze dernières années. il manque 1,5 milliard d’euros pour équilibrer les budgets des hôpitaux publics.

 

Si l’on ajoute à cela le rapport Vallancien qui menace de fermer 113 blocs opératoires pour cause d’insuffisance d’actes chirurgicaux par an (inférieur à 2 000) entraînant des risques d’insécurité pour les patients, on ne peut qu’être inquiet.

 

Xavier BERTRAND a beau dire qu’il ne fait pas sien ce rapport, qu’il agira au cas par cas après avoir reçu les rapports demandés aux Directeurs d’ARH, s’il continue sa politique il ne fera qu’aggraver la situation.

 

C’est cette situation que dénonce l’association des Petites Villes de France et son Président Martin MALVY, l’APVF qui je l’indique au passage est très diverse dans sa composition puisqu’on y retrouve des Maires de toutes tendances dont de nombreux dans le Morbihan. Voilà ce que dit Martin MALVY :

 

« la disparition du petit hôpital général disposant des services de médecine, de chirurgie et d’obstétrique signifierait la fin de principe fondamental d’égal accès de tous les citoyens à des soins de qualité. Il convient donc de veiller au maintien de l’offre de soins, dont la chirurgie, dans les petites villes car elle est indispensable, en premier lieu à la sécurité des populations mais également parce qu’elle est nécessaire à la préservation du lien social et à l’équilibre du territoire. La répartition extrêmement déséquilibrée des professionnels de santé sur le territorial est au cœur de problèmes. La Cour des Comptes vient justement de dénoncer l’absence de mesures visant à une répartition territoriale plus équilibrée des personnels hospitaliers et préconise de mettre à l’étude l’ensemble des mesures, y compris contraignantes en matière de répartition territoriale des professionnels de santé ».

 

Vous comprendrez donc qu’avec la politique de santé menée depuis plusieurs années, je ne me fais plus beaucoup d’illusions sur les pouvoirs de ce groupement. Sauf à penser que sous couvert d’une place plus importante accordée à l’échelon régional se cacherait en réalité à plus ou moins long terme un transfert de compétences et de responsabilités progressifs de l’Etat vers les Conseils Régionaux. Ce qui poserait bien évidemment d’autres problèmes.

Publié dans CONSEIL GENERAL

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