SUR L'AVENIR DU HARAS D'HENNEBONT

Publié le par Gérard Perron

Création d’un Syndicat Mixte

pour la gestion patrimoniale

et la promotion du site du Haras

Intervention de Gérard Perron lors du Conseil Communautaire du 29 septembre 2006

 

Le problème de l’avenir du Haras d’Hennebont ne date pas d’aujourd’hui. L’engagement de la Municipalité auprès du Haras s’est traduit au fil des années par une collaboration constructive tant pour l’organisation de manifestations que pour les investissements nécessaires à son bon fonctionnement.

L’avenir du Haras d’Hennebont et la préservation du patrimoine génétique botanique et immobilier ont donc été une préoccupation constante de la Municipalité d’Hennebont, dans la mesure où équipement structurant de son patrimoine culturel et touristique, le Haras fait partie intégrante de la vie de la Cité.

Idem pour le Pays de Lorient qui avait su répondre à cette préoccupation en créant en 1999 l’Espace de Découverte du Cheval en Bretagne qui est aujourd’hui le site le plus visité des sites touristiques de Cap l’Orient.

Certes l’avenir n’est écrit nulle part et encore moins celui du Haras dans la mesure où la restructuration des Haras Nationaux engagée au début des années 2 000 a failli faire disparaître un des deux établissements bretons Lamballe ou Hennebont.

Nous aurions pu dans de pareilles circonstances « jouer perso » et dire « que le meilleur gagne ». Cela n’a pas été la démarche que nous avons souhaité tant dans le Pays de Lorient que dans celui de Lamballe.

Au contraire, nous avons fait cause commune pour maintenir les deux établissements, ce que nous avons réussi à faire en les spécialisant chacun dans un domaine particulier, Hennebont autour du tourisme lié au cheval, Lamballe autour de la valorisation de l’élevage et des manifestations équestres.

Restait à mettre au point ces projets. Le Pays de Lamballe et le Pays de Lorient se sont engagés chacun en parallèle avec les différents acteurs locaux à trouver des solutions adaptées pour assurer la pérennité et le développement des 2 sites.

Sans doute n’y avait-il pas 36 solutions puisqu’au final chaque territoire en est arrivé à celle de la création d’un Syndicat Mixte.

Je suis donc particulièrement heureux ce soir de l’examen du bordereau portant création d’un syndicat mixte pour la gestion patrimoniale et la promotion du Haras d’Hennebont. Je tiens ici ce soir à vous remercier, vous Monsieur le Président, les Membres du Bureau, ceux de la Commission du Développement  Touristique qui avez travaillé en relation avec la Municipalité d’Hennebont sur ce dossier délicat et vous tous qui, je l’espère allez voter à l’unanimité cette délibération.

Je tiens ici à remercier également les autres partenaires, Conseil Général, Conseil Régional et la Direction des Haras d’Hennebont de leur participation à ce syndicat.

La décision que nos allons prendre va permettre au Haras d’Hennebont de fêter sereinement son 150ème anniversaire. Je rappelle en effet que c’est en 1857 que cet établissement s’est installé à Hennebont après un transfert de Langonnet.

Autant je suis heureux de la décision que nous allons prendre en faveur du Haras, autant je suis inquiet du désengagement de l’Etat dans la gestion des Haras qui oblige les Collectivités locales à prendre le relais.

Sans vouloir refaire l’histoire, je tiens quand même à rappeler qu’il n’y as pas si longtemps les Haras étaient financés par le PMU (Pari Mutuel Urbain) lorsqu’ils étaient une administration sous tutelle du Ministère de l’Agriculture.

En 1996 cela représentait 250 millions de francs pour un budget global de 600 millions de francs.

Lorsqu’ils sont devenus Etablissement Public Administratif toujours dépendant du Ministère de l’Agriculture, ils n’ont plus bénéficié de cette manne importante du PMU.

En 2005, c’était 8,01 milliards d’euros de chiffres d’affaires pour le P.M.U., un chiffre en progression pour la 8ème année consécutive. Ce qui place le PMU au 1er rang européen du Pari Mutuel et en 2ème au niveau mondial.

Aujourd’hui les recettes du PMU sont dix fois supérieures  au budget des Haras Nationaux qui s’élève à 75 millions d’euros dont 45 de subventions de l’Etat.

Imaginez ce que les Haras auraient pu faire s’ils avaient, ne serait-ce que 0,6% des paris, ce qui était le cas avant 99 ! Ce serait autant que les subventions actuelles de l’Etat. Nous n’en serions pas ici ce soir en train de voter ce bordereau pour pallier aux transferts de charges de l’Etat sur les Collectivités Locales à tous les niveaux de la Région à la Commune puisque je l’annonce ici, je vais proposer à un prochain Conseil Municipal l’entrée d’Hennebont dans le Syndicat Mixte, ce qui me paraît tout à fait normal dans la mesure où cet établissement se trouve sur notre territoire.

Cette proposition montre bien tout l’intérêt que la ville porte au devenir des activités du Haras. Bien sûr j’aurais aimé que ce Syndicat Mixte prenne en charge le dossier de l’Abbaye de la Joie, partie intégrante aujourd’hui du site du Haras. Mais je peux aussi comprendre que le coût financier de la restauration et de la restructuration intérieure était trop élevé pour que les Collectivités Locales qui constitueront le Syndicat Mixte s’engagent à l’inclure dans les bâtiments dont le Syndicat devra assurer la gestion patrimoniale.

Reste que le problème demeure pour cette Abbaye dont une partie est inscrite aux Monuments Historiques. La ville a été sollicitée  par plusieurs associations de défense du patrimoine pour que la Commune en fasse l’acquisition.  Si le nouveau Syndicat Mixte n’est pas en capacité de financer un projet pour cette Abbaye, je ne vois pas comment la ville d’Hennebont pourrait le faire compte tenu que nous nous sommes engagés à faire d’un autre Monument du site des Haras, la Porterie, bâtiment classé Monument Historique, une résidence d’artistes, à condition que nous obtenions les financements demandés, notamment à la Drac, qui malheureusement n’ont pas encore été accordés.

Une proposition d’acquisition de l’Abbaye de la Joie a été faite par le Conseil d’Administration d’Hennebont Blavet Habitat, Office Public Communal d’HLM, proposition dont je ne peux que me réjouir. En effet,  mon souci majeur dans cette affaire est de préserver le bien public sans que le budget communal soit sollicité au-delà des capacités financières de la Ville.

Je rajoute que lorsque ce bien sera devenu propriété publique, il y a suffisamment d’idées émises actuellement pour faire un bon projet qui je l’espère ira dans le sens du développement touristique du Pays de Lorient. Nous ne manquerons pas de solliciter la participation des Collectivités locales pour mener à bien ce futur dossier.

Publié dans CAP L'ORIENT

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