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CONSEIL GENERAL

Vendredi 27 janvier 2006

 

Il FAUT UNE AUTRE POLITIQUE

POUR LES PERSONNES AGEES 

Intervention de Gérard Perron

Monsieur le Président, chers Collègues,

 

J’ai déjà eu l’occasion à de nombreuses reprises d’intervenir à propos de l’APA lors de nos assemblées plénières et plus largement sur la politique tant départementale que nationale en faveur des personnes âgées.

 

Pas moins de 4 bordereaux sont consacrés au Plan Gérontologique Départemental contenant de nombreuses propositions avec lesquelles nous ne pouvons qu’être d’accord tant les besoins des personnes âgées nous préoccupent et vont nous préoccuper encore plus dans les années à venir puisque il est estimé selon le bordereau, je cite :

 

« la population des plus de 60 ans devrait augmenter de 15 % et celle des plus de 80 ans de 60 % ».

 

Le bordereau n°56 indique l’importance des choix stratégiques à effectuer pour les années à venir par les différents partenaires.

 

C’est aussi la préoccupation de milliers de familles de notre Département qui se demandent comment sera prise en charge la dépendance de leurs parents âgés. Parce que s’il est vrai que les pensions pour les retraités ont été revalorisées à une époque, ce n’est pas pour autant qu’elles sont à la hauteur pour payer les coûts liés à la dépendance.

 

Le journal « La Croix » du 9 août 2005 titrait « 650 000 personnes âgées vivent avec le minimum vieillesse ». Le journaliste dressait un état alarmant de la pauvreté en France et soulignait que les personnes âgées la subissait de plein fouet comme en témoignaient les associations caritatives interrogées par le journal.

 

Par exemple parmi les personnes ayant demandé l’aide au Secours Catholique en 2003, 72% percevaient une retraite. Le revenu moyen mensuel de ces personnes s’élevait selon le Secours Catholique à 739 euros mais précisait-il pour ces personnes âgées en difficulté de nombreuses personnes touchent le minimum vieillesse soit 600 euros par mois pour une personne seule.

 

Et poursuivait le quotidien, le dénuement des sexagénaires n’est que l’arbre qui cache la forêt d’une autre pauvreté rampante celle des quinquas dans la mesure où beaucoup sont au chômage ou dans divers plans de pré-retraite et autre congés de fin de carrière.

 

Cela pose à mon avis le problème du financement de la dépendance. Béatrice Le Marre avait évoqué ici fin novembre un rapport de la Cour des Comptes sur la prise en charge des personnes dépendantes et sur la multiplicité des intervenants dans ce domaine.

 

Philippe Seguin, 1er Président de la Cour des Comptes a dénoncé le 1er décembre 2005 les carences et la complexité du système de prise en charge des personnes âgées dépendantes. Et au risque de vous surprendre je partage certaines de ses analyses notamment lorsqu’il dit

 

« Avant même la vague annoncée de nouveaux cas de dépendance, le système est déjà débordé et mal adapté ».

 

Auditionné par la Mission d’Evaluation et de Contrôle des Lois de Financement de la Sécurité Sociale de l’Assemblée Nationale, il a également déclaré qu’il fallait « choisir un pilote et cesser de multiplier les systèmes cofinancés et cogérés » faisant allusion à la posture d’évitement des Gouvernements successifs des choix à faire

soit faire des Départements, le point d’accès unique aux prestations de dépendance, soit créer un cinquième risque confiant aux caisses de la Sécurité Sociale la prise en charge globale de la dépendance.

Alors évidemment, Philippe Seguin ne tranche pas le choix mais il a le mérite de poser à nouveau la question.

 

Pour ma part, j’y ai déjà répondu ici même à cette assemblée en disant clairement que c’est à la Sécurité Sociale d’être le pilote pour assurer l’égalité de traitement de tous les français parce que sinon ce seront encore les plus aisés, ceux qui ont des revenus suffisants qui seront encore avantagés. Ce qui est déjà le cas puisque selon une étude de la DREES à partir des revenus fiscaux et d’une enquête auprès des Conseils Généraux, les résultats semblent indiquer que les personnes âgées recouvrant à l’APA seraient celles dont les revenus sont les plus faibles venant ainsi corroborer l’hypothèse que l’APA concerne moins les personnes dépendantes les plus aisées. Et la DRESS de rajouter que « les personnes âgées dépendantes les plus aisées pourraient privilégier l’embauche directe d’une aide à domicile leur permettant de bénéficier de réduction d’impôts ». 

 

Ceux qui ne payent pas d’impôts sont donc doublement pénalisés. D’abord s’ils ne payent pas d’impôts c’est que leurs revenus sont faibles. Et ensuite parce qu’ils sont les premières victimes de la décision de la CRAM qui vient de revoir à la baisse sa contribution aux heures d’aide à domicile, ce qui a d’ailleurs amené de nombreux Maires, Présidents de CCAS à réagir ainsi que l’UNCASS.

 

Tout comme de nombreux Maires ont été amenés à protester contre les redressements de l’URSAFF concernant l’emploi d’agents non titulaires pour le service d’aide à domicile pour les personnes âgées, mettant en péril les budgets des CCAS et par voie de conséquence faisant supporter aux villes et donc aux contribuables de nouvelles charges. Avouons qu’il y a là comme dans d’autres domaines deux poids, deux mesures entre les particuliers à qui l’Etat donne de l’argent sous forme d’exonérations d’impôts ou les entreprises qui bénéficient d’exonérations importantes de charges sociales et les CCAS à qui incombe de régler des problèmes de société qui se se voient mis en demeure de régler des sommes allant jusqu’à plus de 200 000 euros.

 

Si l’on rajoute à ces problèmes celui des EHPAD dont le programme risque d’être étalé dans la mesure où la partie soins ne serait plus financée par la Sécurité Sociale même si le Département programmerait la partie bâtiments, je doute de la volonté de certains de régler le problème sociétal sauf à diminuer les prestations. Ce que Philippe Séguin appelle à « dépenser mieux et faire des choix ».

 

Et vous comprendrez que si j’étais partiellement d’accord avec son diagnostic, je ne suis pas par contre d’accord avec ses solutions.

 

C’est comme au niveau des hôpitaux de proximité ou au niveau des services publics, ce sont des questions de choix politiques, que nous ne règlerons sans doute pas ici mais qui j’en suis sûr sera au cœur des débats des prochains mois.

 

Par Gérard Perron
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Jeudi 22 juin 2006
Répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs

Intervention de Gérard PERRON

"Ayant ici même en janvier dernier déclaré lors de la discussion sur le SAGE que la rivière du Blavet est la principale rivière nourricière de notre Département et qu’il fallait la protéger et tout faire pour que la qualité de l’eau soit améliorée et que la quantité soit préservée, vous comprendrez que je ne peux qu’être satisfait de voir notre assemblée débattre de cette question.

 

Répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs, c’est effectivement un enjeu considérable. Et permettez moi de reprendre la célèbre phrase de Antoine St-Exupéry : « nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous ne faisons que l’emprunter à nos enfants ».

 

Car si nous ne faisons rien de plus que ce que nous faisons actuellement et cela à tous les niveaux de notre planète, celle-ci court à la catastrophe.

 

Si aujourd’hui plus de 1,5 milliards d’habitants sont sans eau potable, c'est-à-dire plus du 1/5ème, on estime que cette proposition pourrait passer à 1/3 dans les vingt prochaines années.

 

Alors c’est vrai que globalement les ressources d’eau en France par rapport aux besoins de la consommation sont satisfaisantes. Mais néanmoins il existe d’importantes disparités régionales et certaines régions souffrent comme le Sud Ouest réellement du manque d’eau. Et même en Bretagne il y a des disparités entre le littoral et l’intérieur.

 

Donc le dossier qui nous est présenté va dans le bon sens. C’est un bon dossier qui prend bien compte les préconisations des SAGE et notamment celles du SAGE Blavet. Quand je dis qu’il va dans le bon sens j’entends aussi financièrement.

 

Je crois qu’il y a une véritable prise de conscience de la nécessaire préservation du patrimoine naturel et de ses équilibres après la période du tout pour l’agro et l’agriculture intensive qu’il faut dépasser au plus vite.

 

Il y a une prise de conscience de la préservation et de l’entretien de nos rivières que certains assimilaient il n’y a pas longtemps encore à des décharges.

 

Je souscris donc pleinement aux mesures proposées dans le rapport et notamment tout ce qui va dans le sens des économies, car il en est de l’eau comme de l’énergie moins on en consommera, plus nous serons dans une logique de développement durable.

 

Je crois qu’il faudrait généraliser dans tous les lotissements à venir la mise en place de cuves de récupération d’eaux pluviales qui permet grâce à un dispositif de pompage de récupérer les eaux stockées pour un usage extérieur et effectuer de substantielles économies sur les factures d’eau et l’assainissement.

C’est ce que l’on vient de faire pour un lotissement communal de 13 lots « les Côteaux de Kerlano » à Hennebont. Mais là ne s’arrête pas notre politique volontariste en matière de gestion des eaux de pluie. Nous avons aussi prévu de réaliser des places de stationnement en matériaux drainants perméables. Et à l’avenir nous espérons que la réglementation en vigueur actuellement évolue de façon à permettre l’utilisation de ces eaux pluviales pour un usage domestique (wc, machine à laver).

Il y a je suis sûr de multiples solutions à mettre en œuvre pour la sauvegarde des ressources naturelles comme celle que nous venons de voir également dans le bordereau 14 avec l’aide à la mise en place de systèmes de recyclage et de traitement des eaux d’arrosage des cultures sous serre. Ou comme dans le bordereau 16 avec la restauration du bocage et la plantation des végétaux.

 

N’ayant pas l’intention aujourd’hui de décortiquer et de commenter l’intégralité des préconisations de ce bordereau, je souhaiterais tout de même faire deux remarques :

 

 la 1ère sur les actions de restauration des cours d’eau où il n’est fait aucune allusion au rôle que joue ou peut jouer la Fédération de Pêche, ni aux obligations des propriétaires par rapport à l’entretien qu’ils devraient assurer

La 2ème concerne l’étude relative à la vocation du Blavet canalisé entre Pontivy et Guerlédan prévue dans le SAGE Blavet. Je pense qu’il aurait été judicieux de faire assurer la maîtrise d’ouvrage par le futur syndicat mixte du SAGE Blavet plutôt que par le Département dans la mesure où le Syndicat mixte regroupera l’ensemble des Collectivités concernées par cette étude garantissant ainsi la transparence indispensable que nécessite ce sujet très polémique.

 

Voilà chers Collègues, les quelques réflexions que je souhaitais vous apporter sachant que la politique que nous allons mener en faveur de l’eau ne sera véritablement efficace que si partout en Europe et dans le Monde on prenne conscience des efforts à faire et en premier lieu dans notre Pays

Alors comment assurer une véritable politique de l’eau au niveau national. Si l’on veut réussir, il faut sortir l’eau de la sphère marchande capitalistique. L’eau est le bien le plus indispensable avec l’air aux êtres humains et c’est un bien donné par la nature. Il n’y a par conséquent pas de meilleur moyen de le gérer que de le placer sous la responsabilité publique.

Par ailleurs, l’eau permet de prendre conscience que nous vivons sur une même planète et que pour faire civilisation ensemble, nous devons nous en occuper ensemble. Il n’est donc pas logique de laisser aux multinationales la mainmise sur ce bien. Enfin il est établi que, dans le cadre d’une régie publique de la distribution, l’eau est moins chère de 23 % pour les Communes et de 44 % pour les Communautés d’agglomération.

J’indique au passage que la situation française est quasi unique : dans les autres pays capitalistes USA, Canada, Japon, ainsi que dans une majorité de pays européens l’eau est publique. Je rappelle aussi que de nombre de villes se sont d’ores et déjà retournées en régie municipale : Amiens, Angers, Bastia, Castres, Clermont-Ferrand, Grenoble, Limoges, Nancy, Nantes, Pau, Reins, Rouen, Strasbourg, Tours etc… des villes de Gauche comme de Droite.

Mais il faut aussi le dire, ce retournement se fait plutôt dans une logique de chacun pour soi, dans une orientation de repli alors qu’il faudrait placer ces décisions dans une démarche d’unicité et d’égalité des citoyens sur le territoire français

On le voit bien ce problème de l’eau est très complexe mais on est condamné à trouver des solutions car si l’on en croit le Groupe Intergouvernemental d’Etude du Climat (le GISEC), demain l’Espagne pourrait être transformée en Savane et en désert avant la fin de ce siècle comme la Lybie aujourd’hui désertique alors qu’elle était encore une savane au début de l’ère chrétienne.

La FAO prévoit d’ici 2060 devant la poussée de la sécheresse dans les basses et moyennes latitudes une aggravation des processus de famine généralisée autrement plus graves que celles que les pays d’Afrique connaissent.

Et si demain l’agriculture devra nourrir les hommes et contribuer à fournir des énergies renouvelables, l’eau sera un acteur essentiel et indispensable. Alors à nous de veiller jalousement sur elle.

Par Gérard Perron
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